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Pendant plusieurs siècles, l’histoire des peuples africains a été racontée principalement à travers le regard des explorateurs, des administrateurs coloniaux et des institutions occidentales. Cette production du savoir a souvent laissé de côté les récits portés par les communautés elles-mêmes, créant des vides, des simplifications et parfois des interprétations erronées de leur histoire. Le peuple Kuba, dont le royaume constitue l’une des plus importantes civilisations d’Afrique centrale, n’échappe pas à cette réalité. Si son patrimoine artistique est aujourd’hui largement reconnu et conservé dans de nombreux musées à travers le monde, l’histoire de ses origines, de sa migration et des figures fondatrices comme Woto demeure encore peu documentée, fragmentée ou transmise essentiellement par la tradition orale.
Dans un contexte où les questions de restitution du patrimoine, de décolonisation des archives et de réappropriation des mémoires occupent une place centrale dans les débats internationaux, il apparaît essentiel de redonner la parole aux détenteurs de cette histoire. Les témoignages des descendants, des gardiens de la tradition, des chercheurs et des institutions culturelles permettent de construire un récit pluriel qui complète les archives écrites et interroge les versions officielles de l’histoire. Le projet WOTO s’inscrit dans cette dynamique.
À travers une démarche mêlant cinéma documentaire, recherche historique, mémoire orale et création contemporaine, il propose une relecture de la migration du peuple Kuba depuis le XVIIᵉ siècle jusqu’à aujourd’hui. L’œuvre ne cherche pas seulement à retracer un événement historique ; elle invite à réfléchir aux notions d’identité, d’appartenance, de transmission et de mémoire collective.
Présenté dans le cadre de la Biennale, WOTO devient un espace de dialogue entre histoire, patrimoine et création artistique. Le projet interroge la manière dont les récits se construisent, circulent et se transmettent, tout en affirmant la nécessité pour les communautés africaines de participer pleinement à l’écriture et à la diffusion de leur propre histoire.

