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N on-P a yment f or t h e S i gni n g R o pes : Scene II présente un paysage nocturne imaginaire dans lequel les arbres se dressent, dépouillés de leur écorce. Leurs troncs exposés portent les cicatrices d’une extraction : leur écorce a été retirée et transformée en cordages d’amarrage servant à maintenir les navires à quai, notamment ceux impliqués dans l’histoire de la traite transatlantique des personnes esclavisées.
Le paysage n’est donc pas un simple décor neutre, mais un lieu où les histoires d’extraction et de violence demeurent matériellement présentes. Les arbres sont laissés nus, blessés et économiquement épuisés, tandis que les cordages fabriqués à partir de leurs corps disparaissent dans d’autres histoires de circulation, de commerce, de captivité et de pouvoir. Le titre, N on-P a yment f or t h e S i gni n g R o pes : Scene II, évoque une dette irrésolue : que doit-on à la terre, aux arbres et à celles et ceux dont les histoires sont entremêlées aux systèmes d’extraction ?
Dans ce paysage, des fourmis, des oiseaux, des antilopes et des hyènes participent à un processus imaginaire de réparation, transportant la boue des rivières pour la restituer aux arbres blessés et au terrain environnant. Leurs actions suggèrent des formes de restauration écologique et collective qui échappent aux systèmes humains de propriété, de compensation et de comptabilité. Toutefois, cette réparation n’est ni complète ni rédemptrice : les cicatrices restent visibles et le paysage continue de porter les traces de ce qu’il a subi.
Le charbon occupe une place centrale dans le langage matériel de l’œuvre. Issu de la combustion du bois, il relie l’image à la matière organique, à la transformation, au carbone, au feu, aux résidus et à la disparition. Son noir instable évoque à la fois ce qui subsiste après la destruction et ce qui est en train de s’effacer. En s’accumulant, en s’étalant et en laissant des traces, le charbon reflète l’état du paysage lui-même : endommagé, mais non silencieux ; transformé, mais irrésolu.
Le cadre nocturne maintient également le paysage en suspens entre visibilité et disparition. Ce qui émerge de l’obscurité contraste avec ce qui demeure dissimulé, suggérant la persistance d’histoires qui n’ont pas été pleinement reconnues. Le paysage devient ainsi une condition en constante évolution plutôt qu’une image figée, où le passé continue d’habiter le présent et où l’extraction, la violence, la mémoire et la réparation restent inextricablement liées.

