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Territoires tissés_ Art Royal Kuba entre Tradition et (R)évolution Technologique

TERRITOIRES TISSÉS : Art Royal Kuba entre Tradition et (R)évolution Technologique

À l’ère du numérique, la question de la conservation, de la transmission et de la réappropriation du patrimoine culturel se trouve profondément renouvelée par les avancées en intelligence artificielle. Ce qui fait de l’IA un outil puissant pour documenter, analyser, contextualiser et rendre accessible un patrimoine souvent fragmenté ou éloigné de son milieu d’origine.

Territoires tissés renvoie aux itinéraires et trajectoires empruntés par les différents objets africains depuis leur contact avec l’Occident.

Dans le contexte de cette étude, ce concept vise à repenser les rapports qu’entretiennent certains objets d’art congolais, aujourd’hui conservés dans les musées ethnographiques et dans quelques collections privées en Occident, avec leurs communautés sources.

En effet, de nombreux biens culturels congolais spoliés pendant la colonisation ont été transférés et conservés dans quelques musées et collections privées en Belgique et dans d’autres pays occidentaux. Ce qui a entraîné un vide mémoriel et culturel au sein de leurs communautés d’origine. En ce qui concerne cette étude, nous nous intéressons particulièrement à la statuaire royale Kuba, appelée Ndop, qui sont des portraits sculptés des différents rois Kuba et permettent de retracer la généalogie du royaume. Si cette statuaire est actuellement dispersée à travers le monde, il faut remarquer qu’en RDC, il ne subsiste que quelques copies, les originaux ayant été emportés par les colonisateurs et quelques marchands après l’indépendance. Ce déplacement crée une rupture entre les communautés locales et une partie essentielle de leur histoire. Pour répondre à cette problématique, des initiatives portant sur la recherche de provenance, à l’image du projet PROCHE de l’AfricaMuseum, ont été mises en place. Par ailleurs, le déplacement de ces objets, de l’Afrique vers l’Occident, a mis en relation des territoires et des imaginaires autrefois éloignés.

C’est dans cette perspective que Melisa Kayowa explore, à l’aide de l’intelligence artificielle, la translocation patrimoniale dans un contexte postcolonial, ainsi que la mémoire transatlantique portée par la statuaire royale Kuba, conservée dans les collections de certains musées en Occident.

Cette exploration se fait en combinant les techniques ancestrales de tapisserie Kuba et l’intelligence artificielle, afin de retracer les itinéraires et trajectoires d’une grande partie de la mémoire collective et du patrimoine culturel de ce peuple.

L’objectif de ce projet est de contribuer à la reconstitution et à l’archivage.

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