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And then beyond the humidity, an un-surveyed landscape glistened

Sahil NAIK , 2026

Sahil Naik a passé plus d’une décennie à étudier et à réinterpréter des images complexes afin de dévoiler ce qui s’est passé dans certaines circonstances, élargissant ainsi le potentiel des documents en tant que preuves et témoignages. Dans Sour Stars and Breadfruit Monsoons, il crée une scénographie à partir de fragments d’images extraits d’études paysagères coloniales et de peintures murales de Goa, Bombay et Daman. En mettant en avant les « arrière-plans » et en attirant l’attention sur les détails, il explore ces images tout en les reliant à des contextes conceptuels, architecturaux et botaniques plus vastes en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. Cette approche déstabilise le récit historique traditionnel en faisant ressortir des détails mineurs qui remettent en question le discours dominant, révélant ainsi la fluidité des histoires de la terre et de l’océan.

  1. Un sortilège, une scène, une quête

Les colonisateurs sont venus à la recherche de magie, mais se sont contentés d’épices à la place. La première à être colonisée fut la nature sauvage, qu’il fallut dompter pour que la terre paraisse « hospitalière ». Vint ensuite le terrain de plantation, puis l’architecture de la colonie.

En konkani, un navire est considéré comme une créature qui rend hommage et apporte des offrandes. Le titre de l’exposition combine deux références à Goa : « Sour Stars » pour la carambole, et « Nirphanas » (fruit à pain) pour une récolte de mousson, deux icônes culturelles. Malgré la migration des plantes, la langue locale ne s’est pas entièrement adaptée ; « Nirphanas » se traduit par « fruit du jacquier », un substitut au poisson utilisé pendant les saisons de mousson à Goa. Sa représentation du XVIIe siècle, où il est présenté comme une offrande à une fourmilière par des religieuses augustines dans une chapelle baroque, en dit long sur les nombreuses histoires auxquelles cette exposition se réfère.

  1. Foliage, and a fever dream

Telle une vision onirique, une image se dessine lentement : un navire malmené par la mer perce la brume pour accoster dans un paysage luxuriant et sauvage. L’intuition et les rumeurs se transforment en découverte.

Les tout premiers témoignages sur les terres colonisées ayant été produits par le regard impérial, on peut affirmer sans risque qu’aucune première image authentique n’existe. Quelles méthodes pouvons-nous employer pour redonner à l’image son aspect le plus proche de son essence « indigène » ? Dans la série And then beyond the humidity, scintille un paysage inexploré. Naik recherche les premières images des terres tropicales, de Kar Nicobar à Malacca. Prêtres, cartographes et géomètres ont rapidement gravé des images de terres « vierges », étranges et sauvages. Ces images n’étaient pas toujours précises et dépendaient du talent et des connaissances de l’artiste. Naik entreprend deux étapes de correction : premièrement, éliminer les plantes et les arbres non indigènes peints pour représenter la luxuriance, en s’appuyant sur la flore connue ; deuxièmement, les remplacer par la flore indigène régionale.

 

III. À la recherche d’indices dans les peintures historiques

En 2020, Naik a examiné une série de tableaux de José Maria Gonsalves intitulée Two Views of Goa, datant du début du XIXe siècle, représentant la population, les castes et les costumes de Goa avec la rivière Mandovi et la ville, y compris des structures aujourd’hui disparues. Il a analysé leur exactitude cartographique, notant les omissions et les biais, révélant ainsi des lacunes dans l’histoire coloniale et montrant que les plantes sont ambiguës et résistent à toute signification figée. L’influence coloniale est symbolisée par le « vin du diable » ; Vergès établit un lien entre la botanique coloniale et l’infrastructure impériale, en y impliquant les plantes dans le travail des esclaves, le commerce et l’expansion militaire, ce qui a affecté les paysages à l’échelle mondiale. Des œuvres telles que Sour Stars et Breadfruit Monsoons dépeignent les processus coloniaux régissant les relations entre la terre et les plantes à travers les voyages et les guerres. La liane « Mile-A-Minute », originaire des Caraïbes, illustre les tensions entre le paysage et l’empire, où la colonisation visait à remodeler la terre, les populations et la culture. Le travail de Naik met en lumière la manière dont des plantes comme le fruit à pain et la goyave préservent les mémoires locales et culturelles au milieu des bouleversements historiques.

  1. Murmures lointains et rêves lucides

Nichée au milieu d’un décor biblique, une petite parcelle d’ananas en fruits. Non loin de là, sous le vol des oiseaux qui tournent en rond, se dresse un fruit à pain épais aux lobes profonds. Dans un autre paysage, des caramboles (fruits étoilés) jonchent le sol sous un arbre.

Les fresques ecclésiastiques de Goa, Bombay et Daman, pour la plupart peintes par des religieuses et des artistes locaux, mêlent iconographies locales et images religieuses européennes, représentant des plantes telles que la vigne et le lys aux côtés de fruits tropicaux comme la goyave et la noix de cajou. Ces fresques, créées par des artistes qui n’ont jamais voyagé mais se sont appuyés sur des descriptions verbales, sont davantage imaginatives que précises, et résistent ainsi aux exigences coloniales de rigueur. Elles reflètent un monde océanique construit par la circulation, mettant l’accent sur des rencontres continues plutôt que sur des territoires figés, contestant les images impéria

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