Open Daily 9:30–6:00, Monday Until 8:00
Situés dans la province du Haut-Katanga en République démocratique du Congo, Lubumbashi et ses environs forment un territoire profondément transformé et impacté par plus d’un siècle d’exploitation minière du cuivre et du cobalt.
À partir d’une terre provenant du paysage post-minier de Kipushi, acquise auprès de communautés vivant autour du site, l’installation imagine un paysage-futur plongé dans une lumière naturelle bleue-verte générée par des bioplastiques à base d’infusion de plantes aromatiques.
L’espace donne place, en son centre, à une terre devenue résidu, sable et déchet après l’extraction de ses ressources minérales, mais dans laquelle le vivant continue de se recomposer.
Une longue traînée de terre et de sable traverse diagonalement l’espace d’exposition. Sa forme reprend une ligne de Kalunga (force de vie dans la cosmologie Kongo), se terminant en spirale triangulaire et créant une sorte de territoire miniature, de trace géologique ou de système graphique entre passé, présent et futur. Dans cette ligne de terre apparaissent des objets-fossiles, sortes de symboles aux lignes organiques endémiques de la ceinture de cuivre (Copperbelt) : la fleur de cuivre, des formes végétales et fruitières, parfois en mutation, et faits de fragments de malachite, de déchets de cuivre ou d’argile émaillée.
Certains de ces objets-fossils semblent appartenir à un passé géologique ancien, voire millénaire ; d’autres semblent être les fossiles d’un futur produit par la transformation de l’activité extractiviste.
La spirale se termine en son centre par un bocal renfermant une sève, l’infusion d’une plante rare qui accumule par ses racines, le cuivre dans ses tiges et ses feuilles et qui ne pousse que dans la province du Katanga sur des sols cuprifères : la fleur de cuivre (Haumaniastrum katangense).
L’installation est aussi et fondamentalement sonore. En effet, les objets sont activés par le toucher. Le contact des visiteur.es déclenche des compositions sonores constituées de field recordings tactiles réalisés à Kipushi, de voix recueillies auprès des personnes rencontrées sur le territoire, de sons liés aux plantes et aux matières.
La composition comprendra également les matériaux issus d’un atelier collectif autour du chant vibratoire et du souffle, et d’un exercice d’écriture de fiction d’anticipation avec les « fruits du futur ».
Les visiteur·euses peuvent déambuler, toucher la ligne spirale, écouter ce qui émerge de la terre. La démarche continue la thématique “Manger la terre”, centrée sur le sol comme corps de savoirs, s’appuyant sur l’idée d’indiscipline et de fugitivité de Valentin-Yves Mudimbe.
L’installation ne vise pas à “donner une voix à la terre” mais à créer un espace de rencontre pour différentes voix, savoirs, fictions et temporalités : habitants, savoirs ancestraux et scientifiques, histoires de plantes, matières, paysage sonore, et futur spéculatif, dans la résilience de l’incertitude et la régénération.




